Inhibiteurs SGLT2 et DKA : Risque de Cétose Acido-Diabétique Euglycémique
févr., 4 2026
Évaluateur de Risque de Cétose Acido-Diabétique Euglycémique (euDKA)
Évaluez votre risque de DKA euglycémique
Ce calculateur évalue votre risque de cétose acido-diabétique euglycémique (euDKA) en fonction de facteurs clés mentionnés dans l'article. Notez que la glycémie normale (moins de 250 mg/dL) ne signifie pas l'absence de DKA avec les inhibiteurs SGLT2.
Beaucoup de patients diabétiques prennent des inhibiteurs SGLT2 pour contrôler leur glycémie, mais ignorent le risque de cétose acido-diabétique euglycémique (euDKA). Ce danger est particulièrement inquiétant car il se manifeste souvent avec une glycémie normale ou légèrement élevée, ce qui complique le diagnostic. En France, comme dans le monde entier, les autorités sanitaires ont alerté sur ce risque depuis 2015. Si vous prenez un inhibiteur SGLT2, voici ce qu’il faut savoir pour rester en sécurité.
Qu’est-ce que la cétose acido-diabétique (DKA) ?
La cétose acido-diabétique est une urgence médicale grave. Elle survient quand le corps produit trop de corps cétoniques, rendant le sang trop acide. Normalement, cette complication touche les personnes atteintes de diabète de type 1, mais les inhibiteurs SGLT2 peuvent aussi la déclencher chez les diabétiques de type 2. Le problème ? Dans le cas des inhibiteurs SGLT2, la DKA est souvent euglycémique. Cela signifie que la glycémie est inférieure à 250 mg/dL (parfois même sous 200 mg/dL), contrairement à la DKA classique où elle dépasse souvent 300 mg/dL. Cela rend le diagnostic difficile : les patients et même les médecins peuvent penser « pas de DKA, la glycémie est normale » alors que les symptômes s’aggravent.
Le risque spécifique des inhibiteurs SGLT2
Les études montrent que les inhibiteurs SGLT2 augmentent le risque de DKA de 2 à 3 fois par rapport à d’autres traitements. Selon une analyse de 350 000 patients canadiens et britanniques, le risque est de 2,03 cas pour 1 000 personnes-années contre 0,75 pour les inhibiteurs DPP-4. Les principaux médicaments concernés sont le canagliflozin (Invokana), le dapagliflozin (Farxiga), et l’empagliflozin (Jardiance). L’Agence européenne des médicaments (EMA) a confirmé en juin 2023 que 48,7 % des cas de DKA liés aux SGLT2 étaient euglycémiques. Cela signifie que près de la moitié des patients n’avaient pas une glycémie très élevée, contrairement aux attentes.
Symptômes à surveiller (même avec une glycémie normale)
Ne vous fiez pas uniquement à la glycémie pour détecter une DKA. Les signes d’alerte incluent :
- Nausées, vomissements ou douleurs abdominales
- Respiration rapide ou odeur fruitée (comme de l’acétone)
- Fatigue extrême, confusion ou somnolence
- Urinations fréquentes ou soif intense
Un étude de 2022 a montré que 63,2 % des cas de DKA avec SGLT2 survenaient dans les 12 premiers mois de traitement. Si vous ressentez ces symptômes, même avec une glycémie à 180 mg/dL, consultez immédiatement. Un simple test de cétone dans l’urine ou le sang peut sauver des vies.
Facteurs de risque connus
Certaines situations augmentent le risque de DKA avec les inhibiteurs SGLT2 :
- Intervention chirurgicale ou procédure médicale nécessitant jeûne (surtout si le traitement n’est pas arrêté à temps)
- Maladie aiguë comme une infection grippale ou une infection urinaire
- Réduction brutale de l’insuline ou du régime alimentaire (p. ex. régime très faible en glucides)
- Consommation excessive d’alcool (notamment en cas de jeûne)
Les données de la FDA (2013-2022) révèlent que 32,7 % des cas de DKA étaient déclenchés par une maladie aiguë, et 24,1 % par une réduction d’insuline. Les patients avec une fonction résiduelle du pancréas faible (C-peptide < 1,0 ng/mL) ont un risque 4 fois plus élevé. Si vous avez déjà eu une DKA, évitez ces médicaments.
Recommandations pour les patients et médecins
Pour réduire le risque :
- Arrêtez l’inhibiteur SGLT2 au moins 3 jours avant toute intervention chirurgicale ou procédure médicale nécessitant le jeûne.
- Testez les cétones si vous avez des symptômes de DKA, même si votre glycémie est normale. Les tests urinaires ou sanguins sont simples et rapides.
- Ne réduisez pas votre insuline sans avis médical. Les inhibiteurs SGLT2 ne remplacent pas l’insuline chez les diabétiques de type 1.
- En cas d’infection ou de maladie aiguë, consultez rapidement : l’EMA recommande de suspendre temporairement le traitement.
Une étude de 2022 dans Diabetes Care a montré que l’éducation des patients sur les symptômes de DKA réduisait les cas de 67 %. Par exemple, expliquer que « la glycémie peut être normale pendant une DKA » change tout.
Mises à jour réglementaires récentes
L’EMA a renforcé ses alertes en juin 2023. Les notices des médicaments doivent maintenant mentionner clairement le risque de DKA euglycémique. Aux États-Unis, la FDA a exigé des mises à jour en 2015 et 2016. En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a diffusé des recommandations en 2019. Ces mises à jour incluent :
- Préciser que la DKA peut survenir avec une glycémie inférieure à 250 mg/dL
- Insister sur la nécessité de tester les cétones en cas de symptômes
- Prévenir les médecins contre l’utilisation chez les diabétiques de type 1 non surveillés
Une étude de 2024 a confirmé que ces mises à jour ont réduit le nombre de cas graves. Les patients informés consultent plus tôt, ce qui diminue la mortalité (4,3 % pour la DKA liée aux SGLT2 contre 2,1 % pour la DKA classique).
Prévention et gestion au quotidien
Si vous prenez un inhibiteur SGLT2 :
- Conservez un test de cétone urinaire ou sanguin chez vous. Les tests sont disponibles en pharmacie sans ordonnance.
- Évitez les régimes très restrictifs en glucides (moins de 50 g/jour) sans surveillance médicale.
- Ne buvez pas d’alcool en excès, surtout si vous êtes malade ou jeûne.
- Informez votre médecin si vous avez des nausées persistantes ou des douleurs abdominales.
Les experts de l’American Diabetes Association soulignent que les bénéfices des inhibiteurs SGLT2 (protection cardiaque et rénale) surpassent le risque de DKA pour la majorité des diabétiques de type 2, à condition de suivre ces précautions. Par exemple, l’empagliflozin a réduit de 38 % les décès liés au cœur dans l’étude EMPA-REG OUTCOME. Mais la vigilance est indispensable.
Qu’est-ce que la DKA euglycémique ?
La DKA euglycémique est une forme de cétose acido-diabétique où la glycémie est normale ou légèrement élevée (souvent sous 250 mg/dL), contrairement à la DKA classique. Avec les inhibiteurs SGLT2, elle représente près de la moitié des cas. Le danger ? Les symptômes (nausées, vomissements, fatigue) apparaissent sans glycémie très élevée, ce qui retarde le diagnostic et le traitement. Cela peut entraîner des complications graves si non traitée rapidement.
Pourquoi les inhibiteurs SGLT2 provoquent-ils une DKA ?
Les inhibiteurs SGLT2 bloquent la réabsorption du glucose par les reins, ce qui abaisse la glycémie. Mais cela stimule aussi la production de corps cétoniques. En même temps, ils réduisent l’insuline nécessaire pour bloquer la lipolyse (dégradation des graisses), ce qui augmente les cétones. Si des facteurs déclencheurs interviennent (comme une infection ou un jeûne), le corps produit trop de cétones, entraînant une acidose. La glycémie peut rester modérée car les reins éliminent encore du glucose, masquant le problème.
Faut-il arrêter les inhibiteurs SGLT2 avant une chirurgie ?
Oui, absolument. L’EMA et l’American Diabetes Association recommandent d’arrêter le traitement au moins 3 jours avant une intervention chirurgicale ou une procédure nécessitant le jeûne. Par exemple, pour une chirurgie dentaire ou une opération majeure. Cela évite que le corps ne produise trop de cétoniques en raison du jeûne et du stress chirurgical. Ne pas respecter ce délai augmente le risque de DKA euglycémique de 4 fois selon une étude de 2023.
Comment savoir si j’ai une DKA même avec une glycémie normale ?
Testez les cétones ! Un test urinaire ou sanguin est indispensable si vous avez des symptômes comme des nausées, des vomissements, une respiration rapide ou une fatigue intense. Une glycémie normale (100-180 mg/dL) ne signifie pas « pas de DKA » avec les inhibiteurs SGLT2. Si les cétones sont modérées ou élevées, consultez immédiatement un médecin. Les tests sont disponibles en pharmacie et coûte moins de 5 euros. Ne laissez pas passer ces signaux : la DKA peut évoluer en coma en moins de 24 heures.
Les inhibiteurs SGLT2 sont-ils sûrs pour les diabétiques de type 1 ?
Généralement non. Les inhibiteurs SGLT2 ne sont pas approuvés pour le diabète de type 1 en France ou en Europe, sauf dans des cas très spécifiques sous surveillance stricte. Le risque de DKA y est beaucoup plus élevé, car les diabétiques de type 1 ont déjà une production insuffisante d’insuline. L’EMA et la FDA interdisent leur usage chez les diabétiques de type 1 non surveillés. Si votre médecin propose ce traitement, exigez des tests de cétone quotidiens et une surveillance rapprochée.
Christine Pack
février 4, 2026 AT 19:07Les inhibiteurs SGLT2, une révolution? Peut-être, mais je doute que les patients soient suffisamment informés. La DKA euglycémique est un danger réel, et pourtant, beaucoup de médecins ne le soulignent pas. C'est une faille du système : on privilégie les chiffres de glycémie sans considérer les cétones.
Il faut vraiment une éducation massive, pas juste des notices de médicaments. Les patients doivent comprendre que "normale" ne signifie pas "sans danger". C'est une question de conscience médicale, je pense.
Malheureusement, la plupart des gens sont trop occupés pour se renseigner. On se fie aux médicaments, sans réfléchir. C'est triste, mais c'est la réalité. Il faut plus de vigilance, c'est tout.