Cataractes et glaucome dus à une utilisation prolongée de stéroïdes : protéger sa vue
janv., 24 2026
Évaluateur de risque de cataracte et de glaucome induits par les stéroïdes
Cette évaluation vous aide à comprendre votre risque de développer une cataracte ou un glaucome causés par les stéroïdes. Les stéroïdes sont puissants, mais certains traitements peuvent causer des lésions oculaires graves, souvent sans symptômes. Plus tôt vous détectez un risque, plus vous pouvez prévenir une perte de vision permanente.
Les stéroïdes, un outil puissant mais dangereux pour les yeux
Vous prenez des stéroïdes pour une maladie chronique ? Une inflammation ? Une réaction allergique ? Ce médicament peut vous sauver la vie - mais il peut aussi vous voler votre vue, sans que vous vous en rendiez compte. Les cataractes et le glaucome causés par les stéroïdes ne sont pas des complications rares. Ce sont des menaces silencieuses, bien réelles, et surtout, évitables. La plupart des gens ne savent pas que même des gouttes oculaires, des inhalateurs ou des comprimés pris pendant quelques semaines peuvent déclencher des lésions irréversibles. Ce n’est pas une hypothèse. C’est une réalité clinique documentée depuis les années 1950, et qui touche entre 5 % et 35 % des utilisateurs de stéroïdes, selon leur mode d’administration et leur sensibilité individuelle.
Comment les stéroïdes endommagent-ils vos yeux ?
Les stéroïdes modifient la chimie naturelle de votre œil. Pour la cataracte, ils provoquent la formation de dépôts anormaux dans la partie arrière du cristallin, appelée cataracte sous-capsulaire postérieure (CSP). Contrairement à la cataracte liée à l’âge, qui évolue lentement, celle-ci se développe en quelques semaines. Elle brouille votre vision en créant une opacité juste sous la surface arrière du cristallin, ce qui rend les lumières éblouissantes, les halos autour des lampes, et la vision nocturne presque impossible. Ce n’est pas une simple gêne : c’est une altération structurelle du cristallin, causée par une réaction chimique entre les molécules de stéroïdes et les protéines du cristallin. Ces adduits sont uniques aux stéroïdes - vous ne les trouverez pas dans une cataracte naturelle.
Pour le glaucome, c’est une autre histoire. Les stéroïdes bloquent la sortie naturelle du liquide oculaire (l’humeur aqueuse). Ce liquide s’accumule, la pression à l’intérieur de l’œil monte - et cette pression, si elle dure, écrase le nerf optique. Le nerf optique ne se régénère pas. Une fois endommagé, la perte de vision est permanente. Ce n’est pas une simple élévation de pression. C’est une attaque silencieuse. La plupart des gens ne ressentent rien. Pas de douleur. Pas de rougeur. Juste une perte progressive du champ visuel latéral - ce qu’on appelle la vision en tunnel. Et souvent, c’est trop tard quand on le remarque.
Qui est vraiment à risque ?
Vous pensez que seuls les patients avec un antécédent de glaucome sont en danger ? Faux. Près de 35 % des cas de glaucome induit par les stéroïdes surviennent chez des personnes qui n’avaient jamais eu de problème oculaire auparavant. Ce n’est pas une question d’âge ou de mode de vie. C’est une question de génétique. Environ un tiers de la population est « répondant aux stéroïdes » : leur pression oculaire monte de 5 à 15 mmHg après exposition. Parmi eux, un petit pourcentage développe un vrai glaucome. Mais vous ne savez pas si vous faites partie de ce groupe… jusqu’à ce que ce soit trop tard.
Les risques sont encore plus élevés si vous avez déjà eu une chirurgie de la cataracte, si vous êtes atteint d’une maladie inflammatoire comme la uveite, ou si vous avez un proche avec un glaucome. Les patients avec un glaucome préexistant ont jusqu’à 90 % de chances d’être des répondants aux stéroïdes. Ce n’est pas une statistique lointaine. C’est un fait clinique quotidien. Des ophtalmologues comme Robert Noecker disent voir ce type de glaucome « tous les quinze jours » dans leur cabinet, surtout chez les patients après une chirurgie oculaire.
Quelle forme de stéroïde est la plus dangereuse ?
Les gouttes oculaires sont les pires. Elles agissent directement sur l’œil. Même une faible concentration, utilisée plusieurs fois par jour pendant plus de deux semaines, peut déclencher une cataracte ou une élévation de pression. Les stéroïdes oraux ou injectables mettent plus de temps à causer des dommages - souvent plusieurs mois - mais ils ne sont pas plus sûrs. Un patient qui prend du prednisone pendant six mois pour son asthme peut développer une cataracte sous-capsulaire postérieure, comme l’a rapporté un utilisateur sur Reddit en mars 2024 : « J’avais une vue à 20/80 sans le savoir. »
Les inhalateurs pour l’asthme ou les allergies, même s’ils semblent inoffensifs, peuvent aussi contribuer. Le stéroïde inhalé est avalé en partie, puis absorbé dans la circulation sanguine. Il finit dans les yeux. Ce n’est pas une théorie. C’est une observation répétée dans les études cliniques. Même les crèmes topiques appliquées sur le visage ou les paupières peuvent être absorbées et affecter la pression oculaire.
Comment détecter les signes avant-coureurs ?
La pire erreur ? Attendre d’avoir des symptômes. Le glaucome induit par les stéroïdes ne fait pas mal. La cataracte ne vous fait pas pleurer. Les premiers signes sont subtils : vous voyez des halos autour des lampes, vos couleurs semblent plus pâles, vous avez du mal à lire la nuit, ou vous vous heurtez à des objets sur votre côté. Ce n’est pas une fatigue oculaire. C’est une altération de la structure de votre œil.
La seule façon de les détecter à temps, c’est la surveillance régulière. L’Académie Américaine d’Ophtalmologie recommande un examen de la pression oculaire avant de commencer les stéroïdes, puis à deux semaines, puis tous les 4 à 6 semaines pendant trois mois. Si la pression reste stable, des contrôles tous les six mois suffisent. Mais combien de médecins prescrivent cela ? Seulement 42 %. La plupart des patients ne sont jamais examinés. Et pourtant, les données montrent que 95 % des cas de glaucome induit par les stéroïdes pourraient être évités avec une simple mesure de pression oculaire.
Que faire si vous prenez des stéroïdes ?
- Ne jamais utiliser de gouttes oculaires à base de stéroïdes sans suivi ophtalmologique. Même si vous les avez déjà prises avant sans problème, chaque utilisation est un nouveau risque.
- Demander à votre médecin si un traitement alternatif est possible. Des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou des stéroïdes plus doux comme le loteprednol étabonate (étudié en 2024 dans JAMA Ophthalmology) présentent un risque moindre de hausse de pression.
- Ne jamais prolonger le traitement sans avis médical. Même deux semaines de plus peuvent être suffisantes pour endommager votre vue.
- Planifier un examen complet des yeux tous les six mois pendant toute la durée du traitement. Cela inclut la mesure de la pression intraoculaire, un examen du nerf optique et un test du champ visuel.
La bonne nouvelle : tout n’est pas perdu
La pression oculaire élevée causée par les stéroïdes disparaît souvent quand vous arrêtez le traitement. Dans la plupart des cas, la vue se stabilise. Mais si la pression est restée trop longtemps haute, le nerf optique peut être endommagé à jamais. C’est là que la différence entre prévention et traitement devient cruciale. Si vous détectez la hausse de pression à temps, des gouttes pour réduire la pression peuvent sauver votre vision. Si vous attendez que la vision se brouille, il est souvent trop tard.
Des technologies émergent pour aider. Des appareils portables permettent maintenant aux patients à risque de mesurer leur pression oculaire à la maison. Des tests génétiques, encore expérimentaux, peuvent prédire avec 85 % de précision si vous êtes un « répondant aux stéroïdes ». Et dans les programmes de santé publique, comme celui de l’administration des anciens combattants aux États-Unis, la télémédecine ophtalmologique a réduit les complications de 70 à 80 % chez les patients sous stéroïdes.
Le message final : votre vue ne peut pas attendre
Les stéroïdes sont des médicaments puissants. Ils soulagent, ils sauvent, ils permettent de vivre. Mais ils ne sont pas sans danger. Et la pire chose que vous pouvez faire, c’est de penser que « ça ne m’arrivera pas ». Votre œil ne vous avertit pas. Il ne crie pas. Il ne vous demande pas de l’arrêter. Il se détruit en silence. Et quand vous remarquez un problème, il est souvent trop tard.
Si vous prenez des stéroïdes - même un seul comprimé par jour, même des gouttes pour les yeux, même un inhalateur - demandez à votre médecin un examen ophtalmologique. Pas dans six mois. Pas quand vous aurez mal aux yeux. Maintenant. Votre vue n’a pas de deuxième chance.
Les stéroïdes peuvent-ils causer une cataracte en seulement quelques semaines ?
Oui. Les cataractes sous-capsulaires postérieures, causées par les stéroïdes, peuvent apparaître en aussi peu que deux à quatre semaines d’utilisation, surtout avec des gouttes oculaires. Ce type de cataracte évolue beaucoup plus vite que la cataracte liée à l’âge et nécessite souvent une chirurgie plus précoce.
Tout le monde réagit-il de la même façon aux stéroïdes ?
Non. Environ un tiers de la population est un « répondant aux stéroïdes » : leur pression oculaire augmente après exposition. Mais seulement une minorité développe un glaucome. Les personnes ayant un antécédent familial de glaucome ou une maladie inflammatoire oculaire sont beaucoup plus à risque. Il n’existe pas de test simple pour prédire la réaction, mais des tests génétiques émergent avec une précision de 85 %.
La pression oculaire élevée due aux stéroïdes est-elle réversible ?
Oui, dans la plupart des cas. Si la pression est détectée à temps et que le stéroïde est arrêté, la pression oculaire revient à la normale en quelques semaines. Mais si elle reste élevée trop longtemps, elle peut endommager définitivement le nerf optique, ce qui entraîne une perte de vision permanente.
Les gouttes oculaires à base de stéroïdes sont-elles plus dangereuses que les comprimés ?
Oui. Les gouttes oculaires agissent directement sur l’œil et peuvent provoquer une élévation de pression en quelques semaines. Les comprimés ou inhalateurs mettent plus de temps - souvent plusieurs mois - mais ils restent dangereux, surtout avec une utilisation prolongée. Le risque dépend de la dose, de la durée et de la sensibilité individuelle.
Que faire si je ne ressens aucun symptôme ?
Si vous prenez des stéroïdes, ne comptez pas sur les symptômes. Le glaucome induit par les stéroïdes est souvent asymptomatique jusqu’à ce que la perte de vision soit avancée. La seule protection efficace est un examen ophtalmologique régulier, avec mesure de la pression intraoculaire et examen du nerf optique, même si vous vous sentez bien.
Existe-t-il des alternatives aux stéroïdes pour traiter l’inflammation oculaire ?
Oui. Des traitements comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou les stéroïdes de nouvelle génération, comme le loteprednol étabonate, ont un risque moindre d’augmentation de la pression oculaire. Ils sont moins puissants, mais plus sûrs pour une utilisation prolongée. Discutez avec votre ophtalmologiste pour voir si une alternative est possible dans votre cas.